Le stage professionnel fait travailler des jeunes diplômés peu expérimentés.
Par les étudiants du DEF, mercredi 13 juin 2007 à 00:17 :: Vie étudiante :: #25 :: rss
« Si vous voulez être manager, il faut au moins quelques années d’expérience, et afin d’obtenir cette première expérience, il n’y a qu’à commencer par un stage sans rémunération.» Longtemps, de nombreux demandeurs d’emplois se demandaient si ce fameux stage n’était pas qu’un « prétexte » pour les sous-payer.
Selon les rapports publiés par le ministère de l’Emploi, plus de la moitié des diplômés d’aujourd’hui, malgré une double licence, ne sont pas sûrs de trouver un bon emploi après la sortie de l’université. Ce phénomène précaire semble être causé par 2 aspects : le manque de connaissance professionnelle et le mauvais système d’orientation dans l’enseignement supérieur.
La pénurie d’expérience professionnelle :
À 22 ans, cette jeune fille jongle entre ses cours et le stage afin d’obtenir une attestation de l’expérience professionnelle en même temps que son diplôme. En 4ème année de Licence de tourisme à NUM (National University of Management), elle travaille sans gagner de l’argent comme serveuse dans un grand hôtel à Phnom Penh. Même si elle a accepté cette catégorie d’emploi, elle se déclare insatisfaite de sa condition. « À part le salaire, le problème, c’est que le travail s’empare de mon temps libre, souligne t-elle, et quand mes professeurs me demandent de faire des devoirs, des exposés, je n’arrive pas à leur délivrer à l’heure. « On entend dire parfois que l’avantage du stage est de mettre en pratique nos cours théoriques à la fac et de découvrir le monde de travail réel, ironise t-elle. Cependant, en ce qui me concerne, est-ce que j’ai besoin de connaître les tâches de serveur ? ».
Malgré ces critiques, Prach Minea, responsable du DEF (département de l’emploi francophone) certifie que c’est ce modèle d’insertion professionnelle qui demeure largement dominant à l’heure actuelle. « Le stage est un sacrifice. Mais comme il permet d’apprendre aux stagiaires à organiser leurs travaux et à trouver un bon emploi à l’avenir, il convient de s’y sacrifier au lieu de le critiquer. En particulier, certains employeurs constatent la compétence des jeunes, et si ces derniers travaillent bien, ils peuvent être directement embauchés à la fin du stage. »
La création d’une organisme pour aider les diplômés :
« En ce qui concerne notre mission, nous nous efforçons d’aider les jeunes diplômés, en priorité les étudiants francophones, à être embauché dans le domaine de leurs compétences », explique-t-il d’un ton attentif à ce sujet. Conséquence de la sortie en masse des diplômés chaque année, les postes ne seront destinées qu’aux meilleurs via la sélection. « Avant, les jeunes diplômés en montrant leurs diplômes exigeaient des salaires élevées. Mais, il y a d’aujourd’hui tellement de demandeurs, que les employeurs sélectionnent les salariés en fonction de leur qualité, leur expérience et leur responsabilité », affirme-t-il.
Prach Minea admet avoir reçu une grande quantité de demandes de stage. « Il est évident que les populations diplômés veulent avoir un emploi bien rémunéré. Malheureusement, ils n’ont pas les connaissances pratiques dont les employeurs ont pourtant bien besoin, poursuit-il. Face à tel problème, notre département, en partenariat avec la chambre de commerce franco-cambodgienne encourage davantage les liens étroits entre les employeurs et les étudiants afin que ces derniers accèdent facilement au stage ».
L’insertion du stage pratique dans le cursus universitaire :
Pour renforcer la qualité des étudiants au niveau de la pratique, le Département d’Études Francophone (DÉF), quant à lui, associe le stage à son cursus et notamment dans l’option traduction. « Conformément à la convention entre le DEF et le Centre Bophanna, nous gagnons 5$ à chaque séance d’atelier de traduction. Personnellement, ce qui importe, c’est que je récupère la confiance en moi-même. Avant le stage, je croyais que la vie professionnelle était très loin de moi. », témoigne un étudiant de l’option traduction en 4èmeannée. Ce « modèle » de formation ayant le vent en poupe vise non seulement à rassurer l’emploi mais aussi à garantir le prestige de cet établissement francophone dans le réseau du travail et la quasi-totalité des diplômés en lettres françaises trouvent un emploi juste après la sortie car ils ont tous effectué le stage lorsqu’ils étaient étudiants.
Le stage pratique offre des intérêts considérables aux diplômés puisqu’il leur permet de se préparer mieux vers la vie professionnelle. Mais, c’est dommage que la grande majorité des étudiants n’aient pas accès au stage durant l’année universitaire. Prach Minea finit par faire un appel : « Tous les associations du travail publiques ou privées devraient aider davantage les jeunes à résoudre des problèmes liés à la manque de l’expérience professionnelle car ce sont les jeunes qui dirigeront le Cambodge de demain ».
Commentaires
1. Le dimanche 8 juillet 2007 à 15:42, par Nearyroth KUN
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