Logement : La vie en collectivité

La pauvreté pousse les étudiants d’origine des provinces à se loger en groupe dans un petit logement loué. Une étude menée par l’Institut économique du Cambodge montre que 60% des jeunes en provenance de la campagne sont des locataire en appartement à prix moyen, 30% parmi eux s’installent chez leurs proches et le reste 10% résident dans des pagodes à Phnom Penh (1). En tout cas, leurs conditions de logement semblent très inquiétantes car, d’une part, ils sont très nombreux à partager une même chambre très petite et d’autre part, ils sont mal logés dans des quartiers manquants de confort en banlieue de la ville.

Devant un kiosque à journaux à côté du lycée Preah Sisovath, Maneth, étudiante en 3e année à l’Université d’Agriculture, regarde attentivement les offres d’emplois dans les quotidiens et nous raconte tristement ses difficultés en ville. « J’habite chez ma tante près du marché O’Russey et il me fallait donc faire 20 km en moto pour aller à la faculté », affirme la jeune fille de 21 ans originaire de Kampot. Certes, elle peut continuer ses études à Phnom Penh grâce au soutien de ses parents mais elle déplore que cet argent ne soit pas suffisant pour payer la nourriture, le matériel scolaire et l’essence de moto. « Désormais, avec un petit budget je dois travailler pour grand diplôme », plaisante-t-elle avec le visage flétri. Même si elle ne paie pas les frais de logement, c’est toujours difficile de cohabiter avec la famille de sa tante. « Pour vivre paisiblement avec ma tante¨ je dois l’aider à faire des ménages quand je reviens de la faculté, c’est pourquoi je n’ai pas de temps pour réviser mes leçons. Maintenant, je suis à la recherche d’emploi pour pouvoir louer un appartement indépendant », explique-t-elle.

Certes, la vie universitaire est défavorable à certains étudiants provinciaux mais d’autres peuvent réussir comme ceux qui s’adaptent rapidement à la vie citadine en s’autofinançant avec « boulots à temps partiels ».

Les petits boulots

«Il y a 4 ans, j’ai vécu aux dépens de ma mère avec le montant de cent milles Riels par mois », dit Leak, étudiant de 4ème année au DEF (Département d’Etudes Francophones). À l’âge de 21 ans, le jeune homme originaire de Takéo, a commencé la vie de salarié comme professeur de français dans une école privée. Le bachelier a y enseigné 2h par jour dans une classe de 15 élèves ; peu après, il a aussi été précepteur de cours de khmer aux français 3h par semaine pour ne pas être totalement à la charge de ses parents. Âgé aujourd’hui de 24 ans, il gagne un salaire brut de 200 dollars ; cela lui permet de payer pour les besoins de la vie quotidienne. Aujourd’hui, les jeunes ne peuvent pas dépendre uniquement sur l’argent versé par la famille à la campagne pour étudier et vivre en ville. De plus, les jeunes pauvres qui n’exercent aucune activité rémunérée pendant l’année universitaire, ne réussissent guère dans les études !

La population étudiante provinciale vit au jour le jour dans une situation précaire et ils doivent alors faire appel aux aides sociales. Depuis 1999, l’AUF procure des bourses financières soit 20 dollars par mois aux étudiants des classes bilingue en difficulté. Cette contribution serait un bon exemple pour inciter le gouvernement ainsi que les ONGs à réduire la pauvreté chez les étudiants. Des aides sociales

PRAK Ingvongthearin et LIN Chandara

1.Source :Rapport de l’Institut Économique du Cambodge sur “Les étudiants en difficulté, pauvreté et précarité” publié le 1 avril 2006.